Imaginez un monde culturel Européen.

Imaginez un monde où vous pourriez passer d’une série suédoise aux intrigues mystérieuses, à une comédie romantique italienne en un seul clic. Pas besoin de chercher frénétiquement votre VPN pour débloquer ce catalogue allemand ou ce chef-d’œuvre espagnol interdit de séjour dans votre pays. Ce monde parfait, c’est celui où l’Union européenne aurait la brillante idée de créer un super site de streaming continental, une sorte de Euroflix.

Tous les pays européens possèdent aujourd’hui leur propre plateforme de streaming

Mais avant de plonger dans cette utopie numérique, faisons un petit retour en arrière. Tous les pays européens possèdent aujourd’hui leur propre plateforme de streaming, bourrée de trésors cinématographiques et de séries addictives. Et il faut le dire, ces plateformes n’ont rien à envier aux géants américains. Prenez Arte, par exemple, qui vous propose des documentaires si pointus que vous pourriez soudainement devenir expert en migrations d’escargots. Ou encore Filmin, ce site espagnol qui, entre deux thrillers, vous initie aux œuvres d’Almodóvar comme si vous aviez toujours été son plus grand fan.

Pourquoi ne pas créer un fond culturel Européen ?

Alors, pourquoi ne pas regrouper ces joyaux nationaux en un seul site ? Un vrai buffet à volonté où l’on pourrait se gaver de culture européenne sans modération. Ça donnerait un coup de pied aux Américains, non ? Après tout, ils n’ont pas hésité, eux, à exploiter nos films d’art et d’essai pour étoffer leur offre culturelle. À force de regarder des drames existentialistes français, certains Américains ont même appris à dire « c’est la vie » avec un petit accent charmant, si c’est pas un scandale, ça !

Mais voilà, il y a un petit hic.

Oui, l’idée d’un super site européen est brillante, mais encore faudrait-il que l’Union européenne suive. Et là, c’est un peu comme demander à une poule de pondre un œuf carré : c’est techniquement possible, mais terriblement compliqué.

Parce qu’on ne va pas se mentir, l’UE a parfois du mal à voir les choses en grand pour ses propres citoyens. Libre circulation des œuvres ? Oui, mais avec modération. Le principe d’égalité entre tous les pays européens ? Pourquoi pas, mais uniquement le mardi entre 15h et 17h, après le café. Non, l’UE préfère souvent faire les yeux doux aux étrangers plutôt qu’à ses propres ressortissants. C’est comme si vous aviez une grande famille, mais que vous ne partagiez vos gâteaux qu’avec vos voisins. Sympa, non ?

Les directives Européennes

Et puis, il faut aussi se rappeler que les directives européennes, c’est un peu comme ces recettes de cuisine à rallonge : on commence par de bonnes intentions, mais on finit souvent par se demander pourquoi on a voulu faire si compliqué. Imaginez les négociations pour savoir si la série « Lupin » peut être diffusée en Suède sans sous-titres en suédois, ou si les épisodes de « Dark » doivent être obligatoirement doublés en portugais. On frôle l’incident diplomatique à chaque épisode.

En conclusion, ce super site de streaming européen resterait sans doute un rêve, ou au mieux un casse-tête pour les technocrates bruxellois.

Mais rêvons un peu

Qui sait, peut-être qu’un jour, entre deux réunions sur la taille des concombres, l’UE se réveillera et comprendra enfin que la culture est une arme, et qu’il est temps de charger notre Euroflix pour la grande bataille culturelle. En attendant, continuez à jongler avec vos abonnements et vos VPN, après tout, c’est aussi ça, le charme de l’Europe.