Pour une fois ou la France est Championne du Monde !
Mesdames et messieurs, sortez les trompettes, les confettis et les cotillons, car la France est championne du monde ! Mais pas du football cette fois-ci, non. Nous avons atteint un niveau d’excellence bien plus discret, mais tout aussi glorieux : celui de l’épargne. Oui, vous avez bien lu, l’épargne ! Avec près de 6.000 milliards d’euros mis de côté en février 2022, chaque Français pourrait presque s’offrir une place en finale de la Coupe du Monde (presque, mais on ne s’emballe pas trop vite).
Avec une moyenne de 88.388 € par personne planqués sous le matelas — ou plutôt sur un livret A bien au chaud — on pourrait penser que nous sommes un peuple prudent, prévoyant, qui pense à demain. Et c’est vrai, nous sommes même les Usain Bolt du livret A ! Mais voilà, il y a un petit hic. Parce qu’autant on est bons pour mettre de l’argent de côté, autant pour le faire fructifier, c’est une autre histoire.
Le Livret A : la Lamborghini des tirelires
Que faire de ses économies ? Pour beaucoup, la réponse est simple : le livret A. Il faut dire qu’avec un rendement époustouflant de… 3% (quand ça va bien), c’est l’assurance de voir son argent dormir paisiblement, sans jamais être dérangé par un vilain investisseur. C’est un peu comme acheter une Lamborghini pour ne jamais la sortir du garage, de peur de l’abîmer. Mais, soyons honnêtes, ça a un petit côté rassurant.
Pendant ce temps, notre industrie, elle, c’est une autre histoire. Elle est un peu comme cette vieille maison de campagne que personne ne rénove, et qui finit par être vendue à un promoteur étranger. Oui, parce que pendant que nous empilons nos économies sur des livrets d’épargne populaire, nos fleurons industriels se font racheter, démanteler et parfois même revendus au prix d’or, mais dépouillés de ce qui faisait leur force.
Bas DIM, Sous-vêtements HOM, AREVA et autres souvenirs…
Prenons un instant pour verser une larme sur ces icônes de notre patrimoine industriel : les bas DIM, les sous-vêtements HOM… où sont-ils passés ? Délocalisés, démantelés, rachetés par des investisseurs étrangers, qui ont souvent plus d’appétit pour les bons coups financiers que pour la pérennité de nos entreprises.
Et que dire d’AREVA, ce géant du nucléaire, autrefois le joyau de notre technologie ? Aujourd’hui, on en parle plus souvent comme d’un héritage perdu, racheté à prix d’or mais vidé de ses brevets, comme un château de sable emporté par la marée.
Réorienter l’épargne vers notre économie
Et si, pour une fois, on décidait de sortir notre Lamborghini du garage ? De faire de notre épargne un outil de développement pour notre propre économie ? Oui, c’est une idée folle, presque révolutionnaire : réorienter cette montagne de billets vers les entreprises françaises, vers l’innovation, vers notre industrie. On pourrait même imaginer, tenez-vous bien, que cet argent serve à créer des emplois, à renforcer notre savoir-faire, à développer des technologies du futur… Vous voyez où je veux en venir ?
Fonds souverains et bons du Trésor : les alliés de notre économie
Pour y parvenir, il est grand temps d’adopter des stratégies dignes de nos ambitions. Pourquoi ne pas créer des fonds souverains d’investissement, qui utiliseraient cette épargne nationale pour investir dans des secteurs clés de notre économie ?
Plutôt que de dépendre des investisseurs étrangers, pourquoi ne pas miser sur nous-mêmes ? Et si, au lieu d’emprunter à l’étranger à des taux parfois exorbitants, nous souscrivions massivement à des bons du Trésor ?
Après tout, qui mieux que nous pour soutenir notre propre pays ? C’est en réorientant cette épargne vers des instruments qui bénéficient directement à la France que nous pourrons préserver et développer notre patrimoine industriel.
Quand serons-nous les champions du bon sens économique ?
Il est temps de montrer que nous ne sommes pas seulement champions de l’épargne, mais aussi champions du bon sens économique. Alors, chers concitoyens, la prochaine fois que vous versez votre argent sur un livret A, pensez à la vieille maison de campagne, à la Lamborghini dans le garage, et demandez-vous : « Et si cet argent pouvait faire plus ? »
Parce qu’après tout, être champion du monde, c’est bien. Mais être champion du monde de l’épargne qui sert à quelque chose, c’est encore mieux !